La justice allemande a estimé que la circoncision d'un enfant pour des motifs religieux était une blessure corporelle passible d'une condamnation en justice, dans un jugement qui devrait faire jurisprudence et que les experts estiment important pour les médecins.
Le tribunal de grande instance de Cologne (ouest) a jugé que le corps d'un enfant était "modifié durablement et de manière irréparable par la circoncision". "Cette modification est contraire à l'intérêt de l'enfant, qui doit décider plus tard par lui-même de son appartenance religieuse", selon ce jugement.
Les droits des parents en matière d'éducation et de liberté religieuse ne sont pas bafoués s'ils attendent que l'enfant soit en mesure de décider d'une circoncision comme "signe visible d'appartenance à l'islam", poursuit le tribunal. Ce jugement devrait susciter des réactions en Allemagne, où plusieurs milliers de jeunes garçons musulmans et juifs sont circoncis chaque année à la demande de leurs parents.
Cas controversé
Cette décision judiciaire est "extrêmement importante pour les médecins, car ils ont pour la première fois une base légale sur laquelle s'appuyer", a assuré un expert en droit, Holm Putzke, dans le Financial Times Deutschland (FTD). "À la différence de nombreux responsables politiques, le tribunal ne s'est pas laissé dissuader par la crainte d'être critiqué comme étant antisémite ou antireligieux", selon cet expert.
La justice allemande avait été saisie du cas d'un médecin généraliste de Cologne qui avait circoncis un petit garçon de 4 ans à la demande de ses parents musulmans. Or, quelques jours après cet acte, l'enfant avait dû être admis aux urgences pour des saignements. Le parquet de Cologne (ouest) avait alors engagé des poursuites contre le médecin.
Ce dernier avait été relaxé en première instance puis en appel, le tribunal arguant du fait qu'à l'époque des faits il n'était pas en mesure de déterminer s'il agissait illégalement. "L'erreur (du médecin) était inévitable", la littérature juridique livrant jusqu'à présent des réponses différentes, selon le jugement du tribunal de Cologne.
Source: le Point.fr
mardi 26 juin 2012
lundi 11 juin 2012
Israël : des graffitis antisionistes découverts au mémorial de la Shoah
Une douzaine de graffitis antisionistes "remerciant Hitler" de près de deux mètres de haut ont été découverts lundi à l'intérieur de Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem. Parmi ces graffitis figurent des inscriptions telles que : "Si Hitler n'avait pas existé, les sionistes l'auraient inventé" et "Merci Hitler pour cette merveilleuse Shoah, c'est uniquement grâce à toi que nous avons obtenu un État de la part de l'ONU", en référence à la création d'Israël en 1948, à l'issue de la Seconde Guerre mondiale. On peut également lire : "Les sionistes ont amené la Shoah" et "Les guerres des sionistes ne sont pas celles du peuple juif".
La direction de Yad Vashem a évoqué la possibilité que ces actes soient le fait d'extrémistes juifs ultra-orthodoxes antisionistes, très minoritaires mais actifs dans certains quartiers religieux. Sept de ces graffitis peints en blanc et rouge ont été retrouvés sur des murs autour du mémorial dédié aux combattants du ghetto de Varsovie. D'autres ont été inscrits près d'un wagon de chemin de fer symbolisant le déportation des Juifs par les nazis. Une enquête a été ouverte, a indiqué le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld, ajoutant que la police "ne privilégie aucune piste". Le mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, est consacré à la mémoire des six millions de Juifs victimes du génocide nazi.
Harédi
Une petite minorité d'activistes ultra-orthodoxes, antisionistes virulents, dénoncent régulièrement ce qu'ils considèrent comme une exploitation de la Shoah pour justifier la création de l'État d'Israël, qu'ils rejettent absolument. Selon eux, l'établissement d'un État juif en Palestine n'aura de légitimité qu'après la venue du Messie. Ce courant rassemble quelques centaines de familles à Mea Shearim, quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem, et il est très controversé au sein même de la mouvance juive ultra-orthodoxe.
Le directeur de Yad Vashem, Avner Shalev, a évoqué cette piste et laissé entendre à la radio militaire que cet acte de vandalisme avait sans doute été commis par des extrémistes ultra-orthodoxes juifs. "Une des inscriptions est signée le judaïsme harédi mondial", a affirmé Avner Shalev. Le terme "harédi" (les "craignant Dieu" en hébreu) fait référence à la communauté des ultra-orthodoxes. Avner Shalev a rappelé que dans le passé de petits groupes ultra-orthodoxes s'étaient "livrés à des attaques féroces contre le sionisme et l'État d'Israël". Avec cet acte de vandalisme "sans précédent, une ligne rouge a été franchie", a ajouté Avner Shalev, en précisant que la police examinait les vidéos tournées par les caméras de surveillance disséminées à Yad Vashem.
Le ministre de l'Éducation, Gideon Saar, s'est pour sa part déclaré "choqué" par cet acte de vandalisme. "Ceux qui ont ainsi profané et sali Yad Vashem avec des inscriptions démentes ont fait cela dans le but de porter atteinte aux sentiments de la population", a déploré le ministre dans un communiqué. Dans un incident séparé à Jérusalem-Est, secteur à majorité arabe, des inconnus ont vandalisé neuf voitures appartenant à des Palestiniens, crevant les pneus et taguant des slogans sur les véhicules en faveur de la colonisation juive en hébreu, a-t-on appris auprès de la police. La police soupçonne des extrémistes de droite ou des colons juifs adeptes de la politique de représailles systématiques, dite du "prix à payer", consistant à attaquer des cibles palestiniennes, mais aussi israéliennes, chaque fois que les autorités limitent ou freinent la colonisation.
La direction de Yad Vashem a évoqué la possibilité que ces actes soient le fait d'extrémistes juifs ultra-orthodoxes antisionistes, très minoritaires mais actifs dans certains quartiers religieux. Sept de ces graffitis peints en blanc et rouge ont été retrouvés sur des murs autour du mémorial dédié aux combattants du ghetto de Varsovie. D'autres ont été inscrits près d'un wagon de chemin de fer symbolisant le déportation des Juifs par les nazis. Une enquête a été ouverte, a indiqué le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld, ajoutant que la police "ne privilégie aucune piste". Le mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, est consacré à la mémoire des six millions de Juifs victimes du génocide nazi.
Harédi
Une petite minorité d'activistes ultra-orthodoxes, antisionistes virulents, dénoncent régulièrement ce qu'ils considèrent comme une exploitation de la Shoah pour justifier la création de l'État d'Israël, qu'ils rejettent absolument. Selon eux, l'établissement d'un État juif en Palestine n'aura de légitimité qu'après la venue du Messie. Ce courant rassemble quelques centaines de familles à Mea Shearim, quartier ultra-orthodoxe de Jérusalem, et il est très controversé au sein même de la mouvance juive ultra-orthodoxe.
Le directeur de Yad Vashem, Avner Shalev, a évoqué cette piste et laissé entendre à la radio militaire que cet acte de vandalisme avait sans doute été commis par des extrémistes ultra-orthodoxes juifs. "Une des inscriptions est signée le judaïsme harédi mondial", a affirmé Avner Shalev. Le terme "harédi" (les "craignant Dieu" en hébreu) fait référence à la communauté des ultra-orthodoxes. Avner Shalev a rappelé que dans le passé de petits groupes ultra-orthodoxes s'étaient "livrés à des attaques féroces contre le sionisme et l'État d'Israël". Avec cet acte de vandalisme "sans précédent, une ligne rouge a été franchie", a ajouté Avner Shalev, en précisant que la police examinait les vidéos tournées par les caméras de surveillance disséminées à Yad Vashem.
Le ministre de l'Éducation, Gideon Saar, s'est pour sa part déclaré "choqué" par cet acte de vandalisme. "Ceux qui ont ainsi profané et sali Yad Vashem avec des inscriptions démentes ont fait cela dans le but de porter atteinte aux sentiments de la population", a déploré le ministre dans un communiqué. Dans un incident séparé à Jérusalem-Est, secteur à majorité arabe, des inconnus ont vandalisé neuf voitures appartenant à des Palestiniens, crevant les pneus et taguant des slogans sur les véhicules en faveur de la colonisation juive en hébreu, a-t-on appris auprès de la police. La police soupçonne des extrémistes de droite ou des colons juifs adeptes de la politique de représailles systématiques, dite du "prix à payer", consistant à attaquer des cibles palestiniennes, mais aussi israéliennes, chaque fois que les autorités limitent ou freinent la colonisation.
mercredi 30 mai 2012
La Pologne choquée par le faux-pas d'Obama sur les "camps polonais"

Le faux-pas du président américain Barack Obama parlant de "camp polonais de la mort" a choqué la Pologne qui s'insurge contre ce malentendu sur les camps d'extermination installés par l'Allemagne nazie en Pologne occupée.
"Les mots du président américain Barack Obama prononcés hier (mardi) ont blessé tous les Polonais", a déclaré mercredi le Premier ministre Donald Tusk.
"Je suis convaincu que nos amis américains peuvent se permettre aujourd'hui une réaction plus forte qu'une simple mise au point et des regrets du porte-parole de la Maison Blanche, une réaction susceptible d'éliminer une fois pour toutes de telles erreurs", a souligné M. Tusk dans une déclaration à la presse. Il a rappelé que la Pologne fut l'un des pays les plus touchés par l'agression nazie et la guerre.
Entre 1939 et 1945, les Allemands ont tué près de six millions de citoyens polonais, dont trois millions de juifs. L'Allemagne nazie a installé plusieurs camps de concentration et d'extermination sur le sol polonais, dont Auschwitz-Birkenau (sud), devenu le symbole de l'Holocauste.
"Nous attendons que le président Barack Obama rectifie ces mots personnellement", ont écrit dans une déclaration les responsables de la communauté juive polonaise, dont Michael Schudrich, le grand rabbin de Pologne.
"Dommage que l'ignorance et l'incompétence aient assombri une cérémonie solennelle", a déploré pour sa part sur Twitter le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorski.
Le président Bronislaw Komorowski a annoncé avoir adressé mercredi une lettre à Barack Obama. "Je suis convaincu que les paroles injustes et douloureuses sur le +camp polonais+ ne reflètent ni les intentions ni les opinions de notre ami américain", a-t-il déclaré à la presse, en ajoutant que toute faute était "réparable".
Le faux-pas du président américain avait assombri mardi une cérémonie à la Maison blanche en hommage posthume à Jan Karski, un ancien officier polonais qui avait fourni aux Occidentaux les premiers témoignages sur la politique d'extermination des Juifs par les nazis.
"Avant un voyage au travers des lignes ennemies, des résistants lui avaient raconté que les Juifs avaient été tués en masse, ils l'ont introduit en cachette dans le ghetto de Varsovie et dans un camp polonais de la mort pour qu'il voie lui-même ce qu'il en était", avait déclaré le président américain.
La Maison Blanche a tenté d'apaiser ce "couac" diplomatique. Tommy Vietor, un porte-parle de M. Obama pour le Conseil national de sécurité, a déclaré que le président s'était "mal exprimé".
Depuis des années, le gouvernement polonais observe d'une manière très sourcilleuse les descriptions faites par la presse internationale des anciens camps de concentration dits "polonais", soulignant que ce terme --même s'il est utilisé simplement comme une indication géographique-- peut donner l'impression que la Pologne porte une responsabilité dans le génocide perpétré par l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale.
Le ministère polonais des Affaires étrangères a indiqué mercredi dans un communiqué être intervenu plus de 200 fois entre 2010 et 2012 pour rectifier cette erreur.
A la suite de cette action, selon le ministère, plusieurs médias américains, dont The Wall Street Journal, le New York Times, Yahoo et Associated Press, ont inscrit dans leur manuel des règles journalistiques l'interdiction d'évoquer "les camps polonais", recommandant à la place "les camps allemands nazis en Pologne occupée".
"Si on parle de +camps polonais+, qui alors tuaient les soldats américains, des mains de qui l'oncle de Barack Obama libérait Buchenwald?", a insisté M. Tusk.
"Parler de +camps polonais+, c'est comme s'il n'y avait pas de nazis, pas de responsabilité allemande, comme s'il n'y avait pas de Hitler", a-t-il ajouté, en demandant aux Etats-Unis de soutenir les efforts de la Pologne pour rétablir la vérité historique.
L'ancien chef du syndicat polonais Solidarité Lech Walesa a estimé pour sa part que le faux-pas du président Obama était une "occasion en or pour finir une fois pour toutes" avec cette contre-vérité.
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