mercredi 18 juin 2014

Monument de la Shoah : Amsterdam revoit sa copie

Les riverains craignent de voir débarquer des hordes de touristes perturbant la quiétude des lieux

 

La municipalité d’Amsterdam a décidé mardi de revoir sa copie sur la construction d’un monument à la mémoire des victimes de l’Holocauste, à laquelle de nombreux riverains sont opposés dans sa forme actuelle.


Le Conseil du district centre de la municipalité d’Amsterdam a adopté mardi à la majorité une motion ordonnant que le processus décisionnel de la municipalité reprenne à zéro après des plaintes de nombreux habitants.
« Le projet se trouvant sur la table ne convient pas à l’environnement auquel il est destiné », a soutenu Lina van Beest, une Amstellodamoise invitée à s’exprimer devant le Conseil avant le vote.
Initiative du Comité Auschwitz des Pays-Bas, le monument a été dessiné par Daniel Libeskind, connu notamment pour la reconstruction du World Trade Center de New York et le Musée juif de Berlin.
Intitulé « Chemin de Lumière », il ressemble à un labyrinthe. Ses murs porteront les noms de 102 000 juifs et 220 sintis des Pays-Bas déportés lors de la Seconde Guerre mondiale, un des chiffres les plus importants en Europe de l’Ouest.
Sa superficie est estimée à 1 000 mètres carrés et son coût à 5 millions d’euros. La construction était prévue pour 2015.
Le lieu envisagé pour sa construction est le parc Wertheim, grand de 7 500 mètres carrés, situé dans l’ancien quartier juif d’Amsterdam, près du Musée juif et de la synagogue portugaise.
Or, les riverains estiment que le monument prendra trop de place dans un parc « trop petit » qui abrite déjà un monument à la mémoire d’Auschwitz et craignent de voir débarquer des hordes de touristes perturbant la quiétude des lieux.
« C’est une bonne idée en soi, mais cela n’a aucun sens de le construire ici, le parc est tout simplement trop petit », a assuré à l’AFP Marja Ham, une riveraine.
Les habitants du quartier estiment en outre avoir été mis devant le fait accompli lorsque la municipalité a donné en mars un accord de principe pour soutenir le projet, et ce sans avoir préalablement consulté les riverains.
Ces derniers ont finalement eu la possibilité de s’exprimer, mais uniquement après l’accord de principe.
Devant cette opposition, la municipalité a estimé que l’accord de principe devait être revu à la lumière de nouvelles consultations avec les riverains, ce qui inclut d’envisager d’autres lieux pour la construction.
« C’est un monument important et il ne faut pas qu’il soit construit dans un environnement qui lui est hostile », a déclaré le président du Conseil, Boudewijn Oranje.

 

mercredi 11 juin 2014

SERVICE TRÈS SECRET – Un responsable nazi « suicidé »… exfiltré par les Etats-Unis







Il est celui qui avait imaginé et construit les fours crématoires d’Auschwitz. Ingénieur chargé du programme militaire d’Adolf Hitler, il fut responsable de la conception des premiers missiles de croisière, les fusées V1 et V2, « armes de représailles » ayant massivement pilonné le territoire britannique.
Surtout, le général SS Hans Kammler était l’élément-clé de la « Wunderwaffe » — un ensemble d’armes présentées comme « miraculeuses » par la propagande de Joseph Goebbels, mais souvent restées à l’état de projets, à l’instar du programme nucléaire nazi. A la fin de la guerre, on lui prêta une influence supérieure à celle du chef SS Heinrich Himmler.
Défait, il se suicida à Prague le 9 mai 1945, d’une balle dans la tête, ou en s’empoisonnant, selon les historiens, qui sur la question divergent. Car sa disparition restait jusqu'alors entourée de mystère, son corps n’ayant jamais été retrouvé. Un documentaire diffusé par la chaîne allemande ZDF révèle aujourd’hui que sa « mort » ne serait qu'une « mise en scène » américaine.
Les Etats-Unis, déterminés à récupérer son savoir-faire et éviter qu’il ne tombe dans les mains soviétiques, seraient en effet parvenus à le « capturer » et à l’exfiltrer discrètement vers leur territoire, lui évitant ainsi le tribunal de Nuremberg. « Son passif était si monstrueux qu’il a fallu faire croire à sa mort et lui prêter une nouvelle identité », rapporte le Daily Mail.
Interrogé, le fils de l’un des agents secrets chargés d’interroger le responsable nazi raconte : « Cet ingénieur a apporté aux Etats-Unis un trésor spécial du IIIe Reich. Il nous a offert des armes modernes. » Les conditions de vie ou de mort de Kammler aux Etats-Unis n’ont, elles, toujours pas été révélées avec précision. Selon le Times, il aurait livré ses secrets nucléaires deux années durant aux services américains avant de se suicider en détention. Dernière information non confirmée.

mardi 20 mai 2014

Plus de 17 500 tweets antisémites postés en Espagne après une défaite au basket

 

Après la victoire de Tel-Aviv face au Real Madrid en finale de l'Euroligue masculine de basket, des milliers de messages antisémites ont envahi le réseau social en Espagne. Des associations juives ont déposé plainte.

Plusieurs associations juives espagnoles ont porté plainte mardi après la diffusion de 17 500 tweets contenant des messages antisémites, dans la foulée de la victoire dimanche de l’équipe Maccabi de Tel-Aviv face au Real Madrid, en finale de l’Euroligue messieurs de basket.
Le club israélien a créé une immense surprise en remportant le match (98-86 après prolongations) tandis que le Real échouait pour la deuxième année consécutive en finale. Mais immédiatement après la partie, une vague de messages à caractère antisémite a envahi Twitter en Espagne, à tel point que le hashtag #putosjudios est devenu pendant quelques heures le plus populaire du réseau social dans ce pays.

«En voyant des réactions à la victoire du Maccabi comme "les Juifs aux fours" ou "les Juifs aux douches", nous avons décidé de porter plainte», a expliqué Rubén Noboa, du collectif Israël en Catalogne, à l’origine de cette action judiciaire, à laquelle se sont jointes 11 autres associations. Les plaignants ont déposé devant la justice plus de 17 500 messages considérés comme antisémites et publiés après le match, dont cinq proviennent d’utilisateurs qui ont pu être identifiés nommément.
Les associations accusent ces cinq personnes d'«incitation à la haine et à la discrimination», un délit passible d’une peine d’un à trois ans de prison en Espagne, et demandent que soient identifiés et poursuivis les autres utilisateurs ayant publié ces messages sur Twitter.

«Les stéréotypes perdurent»

Pour Rubén Noboa, ces messages mettent en évidence le «fond antisémite» demeurant en Espagne, qui est, selon un récent rapport de l’organisation Antidifamation League, le troisième pays européen après la Grèce et la France comptant le plus fort degré d’antisémitisme, alors même que le pays ne compte que très peu de Juifs depuis leur expulsion en 1492. «Ici, presque personne ne connaît de Juif mais les clichés et les stéréotypes perdurent, alimentés également par le catholicisme», affirme-t-il.
Cette polémique survient quelques jours après l’arrestation de trois utilisateurs de réseaux sociaux pour «apologie d’assassinats» dans leurs commentaires et réactions au meurtre, le 12 mai, d’une responsable régionale du parti de droite au pouvoir, Isabel Carrasco.
Le ministre de l’Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, avait à cette occasion affiché sa volonté de poursuivre toute «apologie du crime et incitation à la haine» sur les réseaux sociaux. Les associations juives demandent donc une réaction similaire dans ce cas, regrettant que «les autorités publiques réagissent avec tant de célérité dans certaines affaires et si peu dans d’autres», selon Rubén Noboa.
AFP