mercredi 16 janvier 2013

Le plus jeune survivant de la liste de Schindler est mort

«Je ne vis pas dans l'ombre de l’Holocauste. Je ne donne pas à mes enfants un héritage de peur. Je leur donne un héritage de liberté.» Leon Leyson, le plus jeune survivant de la liste de Schindler, est mort samedi 12 janvier, révèle le Los Angeles Times. Agé de 83 ans, il se battait depuis quatre ans contre un lymphome. Il vivait à Los Angeles, où il enseignait au collège de Huntington Park depuis 39 ans. Leon Leyson fait partie des 1.100 Juifs sauvés par Oskar Schindler lors de la Seconde Guerre mondiale. Inscrits sur les listes d'employés de Schindler, ils échappèrent à la déportation en travaillant dans son usine d'armement. L'industriel allemand, membre du Parti nazi, ira jusqu'au camp d'Auschwitz pour sauver certains de ses employés. Son histoire est raconté dans un livre de Thomas Keneally, La Liste de Schindler, et dans le film éponyme de Steven Spielberg. Leon Leyson est le plus jeune des juifs sauvés par Schindler. Né le 15 septembre 1929 en Pologne, il est le cinquième enfant d'un ouvrier d'usine, raconte le Los Angeles Times. Il a dix ans lorsque l'Allemagne nazie envahit la Pologne. Six mois plus tard, les Leyson sont emprisonnés, avec des milliers d'autres personnes, dans le ghetto de Cracovie. Deux de ses frères, Hershel et Tsalig, sont assassinés par les nazis. Tsalig aurait pu être sauvé par Oskar Schindler, explique le Los Angeles Times. Emprisonné dans un train en partance pour un camp de concentration, il est reconnu par l'Allemand qui tente de l'emmener avec lui. Mais Tsalig refuse de partir sans sa petite amie, qui n'est pas sur la liste des employés de Schindler. «Leon ne pouvait jamais parler de cette partie douloureuse de son histoire sans craquer», raconte William Elperin, président du Club de 1939, une organisation de survivants et descendants de survivants de l'Holocauste. Le père et la mère de Leon sont également sauvés par Schindler. Ils constituent l'une des rares familles qui travaillent dans l'usine d'armement. «Nous avons survécu parce que nous étions sur la liste de Schindler», affirme Leon Leyson lors d'une interview à NBC4. Jusqu'à la fin de sa vie, Oskar Schindler, à qui est décerné le titre de Juste parmi les Nations en 1963, continue de prendre des nouvelles des hommes et des femmes qu'il sauva. En 1974, Leon Leyson revoit Schindler. Alors qu'il s’apprête à se présenter, raconte The Los Angeles Times, Schindler l’interrompt. C'est inutile: «Je sais qui tu es. Tu es le petit Leyson.»

mardi 23 octobre 2012

Dèces de Wilhelm Brasse, photographe qui fixa pour l'éternité les horreurs d'Auschwitz

Wilhelm Brasse, ancien prisonnier du camp d'extermination nazi d'Auschwitz-Birkenau qui sur ordre des autorités, avait pris en photo des dizaines de milliers de ses compagnons, est décédé mardi à l'âge de 95 ans à Zywiec, dans le sud de la Pologne, a déclaré à l'AFP Pawel Sawicki, un porte-parole du musée d'Auschwitz. M. Brasse a également fourni des documents sur les expérimentations pseudo-médicales du docteur Josef Mengele et d'Eduard Wirths, médecin en chef SS d'Auschwitz-Birkenau. Né en 1917, M. Brasse a travaillé dans sa jeunesse comme photographe dans le sud de la Pologne. Après le début de la Seconde Guerre mondiale, il a refusé, malgré ses origines autrichiennes de signer la "Volksliste", signifiant le ralliement à l'occupant allemand, et s'enrôle dans l'armée polonaise. Arrêté par les Allemands lors d'une tentative de passage de la frontière hongroise en 1940, il est envoyé dans le camp d'Auschwitz-Birkenau. Il y reçoit le numéro de prisonnier 3.444. En janvier 1941, sur l'ordre de Rudolf Höss, le commandant du camp d'Auschwitz où furent exterminées environ 1,1 million de personnes, dont un million de Juifs, une cellule d'identification de prisonniers, la Erkennungsdienst, est créée. Brasse y fut affecté dès février avec sept autres détenus. Leur travail consistait surtout à prendre en photo les nouveaux prisonniers. "Sauf ceux envoyés directement dans les chambres à gaz", a-t-il déclaré à l'AFP en 2009. "En une nuit, on m'a ordonné de photographier 1.100 déportés du camp de Drancy en France", a-t-il alors ajouté. "J'étais le seul photographe professionnel de l'unité. Les Allemands avaient besoin de moi et cela m'a permis de survivre", a-t-il encore dit. Le musée du camp garde quelque 39.000 photos dont il est l'auteur. Le 17 janvier 1945, à l'approche de l'Armée Rouge, on lui a ordonné de tout détruire. Le photographe a tout de même réussi à sauver une partie des négatifs. Après l'évacuation du camp, il fut envoyé dans les camps de Mauthausen, de Melk et d'Ebensee en Autriche où il fut libéré par les troupes américaines. En 2005, un documentaire "Le Portraitiste" lui a été consacré. Wilhelm Brasse sera inhumé dans le cimetière de Zywiec. Un million de Juifs européens ont été tués dans le camp nazi d'Auschwitz-Birkenau, devenu le symbole de l'Holocauste. Entre 70.000 et 75.000 Polonais non juifs y ont également péri, ainsi que 21.000 Roms, 15.000 prisonniers de guerre soviétiques et 10.000 à 15.000 autres prisonniers, dont des résistants, selon les données du musée du camp.

lundi 3 septembre 2012

La Kippa en signe de solidarité



Des Berlinois chrétiens, juifs et musulmans sont sortis dans les rues de la capitale allemande, samedi 1er septembre 2012, afin de manifester contre la haine religieuse. L'événement s'est déroulé suite à la cruelle attaque d'un rabbin dans la capitale allemande la semaine dernière. Le ministre de l'Intérieur de Berlin, Frank Henkel, a à nouveau condamné «la lâche attaque», alors que des centaines de personnes sont sorties dans les rues, portant des kippas, dans une manifestation de solidarité.

Lu sur ...
Berliner Zeintung
L'information sur l'attaque a soulevé un débat et posé la question si les juifs se sentaient en général en sécurité dans la capitale allemande. Le Président du Conseil Central des Juifs d'Allemagne, Dieter Graumann, s'est adressé vendredi 31 août à la vaste communauté musulmane du pays afin de faire davantage pour combattre l'antisémitisme.



"Je me réjouirais de voir les associations s'attaquer enfin de façon plus déterminée à l'antisémitisme dans leurs propres rangs", déclaré M. Graumann, dans une interview au quotidien allemand Berliner Zeitung, suite à l'agression d'un rabbin par quatre jeunes apparemment d'origine arabe à Berlin.



"Des mots de compassion sont beaux et honnêtes. Il serait plus important de passer aux actes", a ajouté le président de la principale organisation représentative en Allemagne avec quelque 105.000 membres.



Dans le même journal, le président du conseil central des musulmans en Allemagne, Aiman Mazyek, déclare à propos de l'agression: "De tels actes remplissent de dégoût les musulmans".



Dans un entretien au quotidien berlinois BZ, la première depuis son agression, le rabbin Daniel A., 53 ans, déclare: "Je ne sais pas si nous pouvons à l'avenir, nous promener dans les rues de Berlin sans avoir peur".



"Je suis touché physiquement et moralement", ajoute-t-il, après avoir subi pour la première fois dans sa vie une agression au cours de laquelle on lui a demandé s'il était juif.



Il ajoute: "'Je déteste les juifs' n'est pas une nouvelle phrase pour moi. J'ai souvent entendu des insultes sur ma foi".



A propos de ces agresseurs, il dit: "Ce ne sont pas eux qui sont coupables, mais ceux qui prêchent la haine, qui attisent la haine chez les jeunes gens. Nous devons protéger la société contre eux".



Auman Mazyek, le Président du Conseil Central des Musulmans, a dénoncé l'attaque et a exprimé la solidarité et la sympathie ouvertes avec tous les juifs allemands. D'autres unions musulmanes se sont jointes à la condamnation de la haine et de la violence religieuses.



L'évêque évangéliste de Berlin, Markus Dröge, a mis en garde samedi 1er septembre contre les accusations globales selon lesquelles l'antisémitisme violent était fréquent parmi les musulmans en Allemagne.



«Nous devons éviter de faire l'erreur de blâmer la religion pour ces faits», a-t-il dit et il a souligné le lien avec le comportement violent parmi des jeunes socialement défavorisés sans aucun rapport avec leurs croyances.



Le maire de Berlin, Klaus Wowereit, a inauguré la "Nuit des Religions", un événement dans la capitale allemande appelant à la solidarité religieuse. Des églises catholiques et protestantes, des mosquées, des synagogues et d'autres lieux de culte étaient ouverts au vaste public jusqu'à tard dans la nuit.