mardi 13 septembre 2011

Nouveau sur iPhone : un fichier des juifs (au prix d'un demi-café)



Apple refuse les images pornographiques dans sa boutique d'applications iPhone. En revanche, la société accepte de vendre une « appli » ludique dans la rubrique « style de vie » : « Juif ou pas juif ? ».

L'éditeur Jsoft la présente ainsi aux porteurs d'iPhone :

« Hé, tu savais que Patrick Timsit était juif ?

– Ben bien sûr ! Mais Marylin Monroe, est-ce qu'elle était vraiment juive ? Et Dany Boon ? »

Combien de fois n'avons-nous pas eu cette conversation, sans pouvoir y apporter de réponse ?
A partir d'aujourd'hui, cette réponse est dans votre iPhone grâce à l'appli « Juif ou pas juif ? ». »

La fiche de Jean-François Copé sur l'application "Juif ou pas juif ?".Des milliers de personnalités juives (par leur mère), ou « à moitié juive » (par leur père), ou « converties » sont donc listées.

L'éditeur prévient :

« Le but de cette app [application, ndlr] est uniquement de distraire. Rien de plus ! SVP n'y voyez en rien une démonstration quelconque de la supériorité ou (encore moins) de la dominance d'une race sur une autre. »

Et il termine : « Pour la moitié du prix d'un café, n'hésitez plus, faites-vous plaisir ! »
Passible de cinq ans de prison ?

L'application existe déjà en anglais (« Jew or not jew »), ce qui n'a pas soulevé, à notre connaissance, de controverse. Mais les Etats-Unis n'ont pas la même Histoire que la France…

Sur Twitter, l'avocat Maître Eolas rappelle que le code pénal français interdit formellement « le fichage des données à caractère personnel qui, directement ou indirectement, font apparaître les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuses ».

Un tel fichage est passible de cinq ans d'emprisonnement et de 300 000 euros d'amende.

Contacté par Le Nouvel Observateur, le créateur de l'application, Johann Levy, lui-même juif, s'est dit « extrêmement surpris par l'ampleur de la polémique ». Il ne voyait dans « Juif ou non juif » qu'un service utile à rendre… Après tout, comme en témoignent les suggestions de recherche de Google, les internautes français sont de compulsifs judéomanes.

jeudi 1 septembre 2011

Chatel répond à Lanzmann: le mot "Shoah figure dans les manuels" scolaires

Le ministre de l'Education natio­nale Luc Chatel a déclaré jeudi, lors de sa confé­rence de presse de ren­trée, que le mot "Shoah figure dans les manuels" sco­laires, contrai­re­ment à ce qu'affirmait l'écrivain et cinéaste Claude Lanzmann dans une tri­bune mardi au Monde.

M. Lanzmann avait repro­ché à l'Education natio­nale d'avoir "sup­primé" le terme "Shoah" des nou­veaux manuels d'histoire de pre­mière, ce qu'avait aus­si­tôt démenti le ministère.

"Jamais je ne me suis opposé à l'utilisation du mot +Shoah+ dans les pro­grammes, ni dans les manuels" et "le mot +Shoah+ figure de manière expli­cite dans les manuels" d'histoire de pre­mière de cette ren­trée, a insisté M. Chatel.

La Shoah, le géno­cide du peuple juif par les nazis durant la Seconde Guerre mon­diale, est "ensei­gnée à tous les niveaux du sys­tème éduca­tif", "c'est un devoir d'histoire et une res­pon­sa­bi­lité morale", a pour­suivi le ministre.

"Ce gou­ver­ne­ment est sans doute celui qui a mis au point le plus de dis­po­si­tifs" mar­quant l'engagement du minis­tère pour l'enseignement de l'histoire de la Shoah, a ajouté M. Chatel.

A ce pro­pos, il a rap­pelé la signa­ture, en jan­vier, d'une conven­tion cadre entre le minis­tère et le Mémorial de la Shoah qui ampli­fie et péren­nise leur par­te­na­riat sur l'accueil des élèves au Mémorial, les voyages sur les lieux de la Shoah et les for­ma­tions des­ti­nées aux enseignants.

La RATP encore utilisée près de 70ans après la Shoah



Les réactions sont nombreuses après l'évacuation, mercredi, d'une centaine de Roms à Saint-Denis avec le concours de la RATP...

Des élus et des syndicats se sont élevés ce jeudi contre la mise à la disposition des policiers, mercredi, d’une rame du tramway T1, qui relie Saint-Denis à Bobigny, en Seine-Saint-Denis, pour évacuer une centaine de Roms qui occupaient illicitement un terrain.

Jean-Paul Huchon, président socialiste de la région Ile-de-France, a ainsi dénoncé «l'inhumanité et la brutalité» de cette opération, et demandé au préfet du département, Christian Lambert, que toute la lumière soit faite et que les responsables soient sanctionnés. «Cette opération, faite hors de tout cadre juridique, constitue une voie de fait», écrit-il dans un communiqué.
Un «acte insupportable»

Cécile Duflot, secrétaire nationale d'Europe Ecologie-Les Verts et présidente du groupe EELV au conseil régional d’Ile-de-France, a de son côté exprimé par voie de communiqué «sa profonde révolte» à propos de cette opération qui «rappelle les heures les plus sombres de notre histoire et réveille en nous une monstrueuse évocation».

«Lorsqu’un service public de transports participe à une opération policière aussi abjecte, c’est tout le pacte républicain qui est bafoué et la honte qui nous submerge», ajoute-t-elle.Elle indique qu'elle a «fait part de son indignation» au président de la RATP dans un courrier et lui demande une condamnation immédiate et sans appel de cet acte insupportable».

«Des souvenirs d'école ou de cinéma»

Le syndicat Sud s'indigne pour sa part de l'utilisation d'une rame de la RATP. «Ce n'est pas à nous de transporter des convois de personnes qui ne sont pas forcément volontaires pour monter dans les tramways», a indiqué son délégué central, Philippe Touzet. Il a souligné sur France Info, que la gare de Bobigny, qui abrite aujourd'hui un mémorial, avait justement joué un rôle central durant la Seconde Guerre mondiale dans la déportation vers les camps de la mort de 22.000 Juifs du camp de Drancy.

«Est-il commun de réquisitionner une rame complète de tram pour transporter uniquement des Roms?» demande de son côté Gilles Garnier, conseiller général communiste de Seine-Saint-Denis, sur le site du Parisien. Cette scène «m'a rappelé des souvenirs d'école ou de cinéma», a-t-il déploré dans une lettre au préfet et au PDG de la RATP, en allusion à la déportation de Juifs vers les camps d'extermination durant l'Occupation.