mardi 2 août 2016

Allemagne : le journal de Himmler découvert et publié dans le quotidien Bild

Le journal du chef de la SS Heinrich Himmler a été découvert dans des archives en Russie, en début d’année. Le quotidien allemand Bild va en publier des extraits de ce document d’un millier de pages à partir de ce mardi. Un témoignage de l’intérieur inédit qui compte des scènes horribles. Certains auteurs allemands le désignent comme le “meurtrier du siècle”, et il y a de quoi : bras droit d’Hitler, dirigeant de la SS, la police nazie, il avait autorité sur les camps de concentration et d’extermination et avait mis en œuvre la Shoah. Heinrich Himmler n’avait pas été jugé pour ses crimes, car il s’était suicidé en mordant dans une capsule de cyanure cachée dans une dent, juste après son arrestation en 1945 par des soldats britanniques. Déposé longtemps après la guerre 71 ans après, son journal personnel a été retrouvé dans des archives militaires russes à Podolsk, ville située au sud de Moscou, où il y aurait été déposé longtemps après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Le quotidien allemand Bild va publier par épisodes des extraits de ce document qui donne un éclairage nouveau sur l'industrialisation des meurtres de masse perpétrés par le régime nazi. “Un cerveau a éclaboussé son manteau” Composé d'environ 1.000 pages, le journal est une sorte d'agenda qui comprend des dates, des réunions mais aussi des décisions militaires et des scènes d'horreur dans les camps de la mort nazis. Le journal britannique The Daily Mail a d’ailleurs déjà révélé des passages à la fois surprenants et glaçants. Dans l'un des extraits daté d'août 1941, l’architecte de la “solution finale” écrit s'être presque évanoui, alors qu'il assistait à une exécution de juifs sur un site proche de Minsk en Biélorussie, “lorsque le cerveau de l'une des victimes a éclaboussé son manteau”, cite le Daily Mail. L’“efficacité” des moteurs diesel pour gazer les prisonniers En 1943, Himmler témoigne dans son journal de l'“efficacité” des moteurs diesel pour gazer les prisonniers du camp d'extermination de Sobibor. Le soir même, un banquet sera donné “en son honneur”. Cette méthode d'extermination par les gaz d'échappement sera ensuite remplacée par le Zyklon B, un puissant pesticide utilisé au départ pour désinfecter les vêtements, notamment des poux. A un autre moment, à propos du camp d'extermination d'Auschwitz, le chef nazi recommande l'utilisation de chiens “capables de mettre en pièces n'importe qui sauf leur maître”. “Nous les exterminons… une petite affaire” Le point d'orgue de ce journal est selon BFMTV le 4 octobre 1943 où une “réunion de chefs de groupes” est inscrite, à Potsdam, dans la Pologne occupée par les nazis. A 17h30, devant le comité restreint, le chef de la SS tient un discours durant lequel il évoque les objectifs nazis : “Je parle de l'évacuation des juifs, de l'extermination du peuple juif. (…) Cela fait partie de nos plans, nous éliminons les juifs, nous les exterminons… une petite affaire.” La Seconde Guerre mondiale a fait plus de 60 millions de morts. Six millions de juifs ont été exterminés dans les camps de la mort.

jeudi 30 juin 2016

Un tunnel creusé par des juifs au fond d'un charnier pendant la Seconde Guerre Mondiale a été retrouvé

Dans les derniers mois de la Seconde Guerre Mondiale, un groupe de 80 prisonniers juifs du camp de Stutthof en Lituanie avait pour mission de brûler et d'enterrer dans des charniers les corps de ceux qui étaient emprisonnés comme eux afin d'aider à dissimuler au maximum les atrocités nazies. Un soir, ceux qui constituaient "La Brigade du Feu", sont restés coincés au fond de la fosse et en ont profité pour tenter de s'échapper en creusant un tunnel à l'aide de cuillères et de leurs mains. Onze survivants ont mis trois mois à s'extirper de la terre. Cette aventure a été menée par un prisonnier nommé Isaac Dogim. "Un jour, Dogim déplaçait des corps calcinés quand il a reconnu sa femme et ses trois soeurs", explique l'équipe des Archives de l'Holocauste. "Parmi les corps décomposés, il a reconnu celui de sa femme par le médaillon qu'il lui avait offert pour leur mariage. Depuis ce temps, il avait tout tenté pour s'échapper. Avec cette fosse, il a trouvé une occasion".
Cette histoire était connue de tous mais le tunnel n'avait jamais été retrouvé. Jusqu'à maintenant. Une équipe de l'Autorité des antiquités d'Israël a utilisé la technologie du radar au sol et de l'imagerie pour trouver ce sous-terrain. C'est en pleine forêt de Ponary, proche de Vilnius, que le tunnel a été révélé. Avant la Seconde Guerre Mondiale, ce site était si vaste qu'il était connu sous le nom de "Jérusalem de Lituanie". Depuis, la forêt a perdu cette dénomination alors que des dizaines de milliers de juifs ont été massacrés. Jon Seligman, un membre de l'expédition, s'est exprimé sur le sujet. "En tant que représentant d'une famille israélienne et juive d'origine lituanienne, j'étais réduit aux larmes", a-t-il dit. "Cette découverte est un témoignage fort de la victoire de l'espoir sur le désespoir. L'exposition de ce tunnel démontre, certes, les horreurs de l'Holocauste, mais aussi et avant tout l'aspiration à la vie de tous...

mardi 31 mai 2016

Loi travail : Cazeneuve sifflé lors d'une cérémonie d’hommage aux juifs déportés

© AFP, Archive | Le ministre de l'Intérieur s'est agacé des sifflets et insultes entendues pendant une cérémonie d'hommage aux déportés, vendredi 27 mai 2016. Texte par FRANCE 24 Dernière modification : 30/05/2016 Des manifestants anti-Loi travail ont été accusés de "casser le devoir de mémoire", vendredi, après avoir insulté le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve pendant une cérémonie d'hommage aux juifs déportés à Millau (Aveyron). Une cérémonie en mémoire des juifs déportés à Millau (Aveyron) pendant la Seconde Guerre mondiale en présence du ministre de l'Intérieur a été perturbée, vendredi 27 mai, par des manifestants contre la Loi travail. Bernard Cazeneuve s'était rendu sur place pour inaugurer une plaque comportant les noms de victimes de la Shoah. "Cazeneuve, casse-toi !" ont scandé une soixantaine de manifestants sous les sifflets et les sirènes, a constaté un correspondant de l'AFP. La Dépêche du Midi rapporte la présence d’une trentaine de manifestants "tenus à distance" qui "ont perturbé de leurs cris et de leur agitation" le moment solennel. Romain Gruffaz, journaliste de la Dépêche du Midi, parle d'une assistance "répugnée" par ce geste. "L’irrespect des sirènes" "Jamais je n'aurais imaginé que dans notre pays, des enfants qui égrainent le nom d'autres enfants qui ont souffert le martyre aient pu être couverts par des sirènes, par des quolibets, par des slogans", a dit le ministre, en présence de Serge Klarsfeld, fondateur de l’association des Fils et filles de déportés juifs de France. Bernard Cazeneuve a répété son attachement au droit de manifester mais il a souligné que jamais il n'accepterait "l'irrespect de sirènes" qui "cassent le devoir de mémoire" et lui "inspire de l'indignation et de la colère". "C'est grâce à l'engagement et au combat d'hommes et de femmes qui n'ont pas hésité à sacrifier leur vie pour en sauver d'autres que nous profitons, aujourd'hui, de la paix et de la démocratie, même si elle s'exprime parfois de façon trop virulente", a souligné de son côté Christophe Saint-Pierre, le maire LR de Millau. Avec AFP