mardi 30 août 2011

Plainte pour antisémitisme contre Sud Radio

PARIS (Reuters) - Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme annonce le dépôt d'une plainte auprès du parquet de Paris pour une émission de Sud Radio devenue, selon lui, une "caisse de résonance de la parole antijuive."

Dans un communiqué, le BNVCA précise avoir également saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA).

Il fait référence à des propos tenus le 22 août par des auditeurs lors d'un débat sur l'ex-directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn.

En encourageant les auditeurs à dire tout ce qu'ils pensent, des animateurs "donnent imprudemment aux auditeurs le sentiment qu'ils cautionnent et entretiennent le mythe du lobby juif tout puissant, soutien de Dominique Strauss-Khann", écrit le BNVCA dans un communiqué.

L'organisation estime que malgré des tentatives de modération, toute une série de stéréotypes ont pu réapparaître.

Elle demande au parquet que Sud Radio soit poursuivie en tant que "fournisseur de moyens" et les auditeurs concernés pour s'être "illégalement défoulés contre les juifs".

La station, qui émet depuis peu à Paris, a dit vouloir mettre en oeuvre une interactivité avec les auditeurs et rompre avec le politiquement correct.

Dans le Monde, paru mardi, Mathieu Quétel, son directeur général, récuse tout dérapage antisémite. "Nous sommes choqués par cette accusation", dit-il, soulignant que l'un des animateurs avait défendu Dominique Strauss-Kahn tout au long de l'émission.

lundi 29 août 2011

Le fondateur d’Ikea rattrapé par ses relations avec les nazis


Le PDG d'Ikea Ingvar Kamprad, à gauche, est mis en cause pour ses relations avec les nazis dans le livre d'une journaliste suédoise.

Il a entretenu des liens plus poussés avec des groupuscules nazis suédois qu'il ne l'admet, affirme le livre d'une journaliste suédoise.

Rattrapé par son passé? Le fondateur du groupe suédois Ikea a entretenu, pendant et après la seconde guerre mondiale, des liens plus poussés avec des groupuscules nazis suédois qu'il ne l'a admis par la suite, selon un nouveau livre publié dans le royaume où il suscite des réactions critiques.

Ingvar Kamprad, un milliardaire âgé de 85 ans qui continue à contrôler le numéro un mondial de l'ameublement, a reconnu depuis une quinzaine d'années qu'il avait adhéré à un mouvement de jeunesse fasciste durant la guerre, en qualifiant cet épisode de "plus grave erreur" de sa vie et de "folie de jeunesse".

Le Suédois avait pourtant adhéré à un autre groupuscule encore plus extrémiste et il est resté un admirateur de Per Engdahl, l'une des principales figures nazies de Suède, détaille la journaliste suédoise Elisabeth Aasbrink, auteur d'un livre qui est sorti cette semaine. "C'est peut-être le plus surprenant. Il a toujours dit qu'il s'était impliqué dans la confusion de la jeunesse. Mais en août dernier, il était encore loyal à l'égard de ce leader fasciste", a-t-elle assuré, sur la foi d'un entretien qu'Ingvar Kamprad lui avait alors accordé. "Il m'a dit: "Engdahl était une grande personnalité et je le maintiendrai jusqu'à la fin de mes jours."

Ami d'un jeune juif

Le livre d'Elisabeth Aasbrink, Et les arbres restent debout à Wienerwald, raconte l'histoire d'Otto Ullman, un jeune juif devenu un "très bon ami" d'Ingvar Kamprad, avoir avoir été envoyé d'Autriche vers la Suède, officiellement neutre, juste avant le début de la 2e guerre.

Elisabeth Aasbrink a indiqué avoir voulu comprendre comment il avait pu devenir aussi proche d'Otto Ullman, tout en étant impliqué dans un mouvement dont l'idéologie avait contribué à envoyer les parents de l'Autrichien dans le camp d'Auschwitz où ils ont été tués. En insistant auprès de lui sur ce paradoxe, Kamprad a fini par lui répondre: "je ne peux pas voir là une contradiction".

Proche d'un leader nazi

Même après la guerre, Ingvar Kamprad est resté ami avec Per Engdahl (décédé en 1994). Elisabeth Aasbrink a rappelé notamment qu'il avait invité le leader nazi à son premier mariage en 1950 - épisode admis par Ingvar Kamprad dans la biographie autorisée qui lui est consacrée. Elisabeth Aasbrink a également découvert que le jeune Kamprad, qui a admis avoir rejoint le Nouveau mouvement suédois de Per Engdahl, avait auparavant été membre d'un groupuscule plus extrémiste, le Rassemblement socialiste suédois (SSS). Sa carte de membre portait le numéro 4014.

Autre élément nouveau dans le livre, la police de sécurité suédoise, la Saepo, avait ouvert un dossier intitulé "nazi" sur le compte d'Ingvar Kamprad en 1943, l'année où il avait fondé, à 17 ans, une petite entreprise, Ikea, dans un village du sud de la Suède. Elisabeth Aasbrink a précisé ne pas avoir pu consulter ce dossier au-delà de l'année 1949. Dans la partie du document à laquelle elle a eu accès, la journaliste a lu qu'Ingvar Kamprad affirmait à l'époque "avoir recruté des membres (...) et ne semblait pas manquer une occasion de servir le parti", le SSS.

Ni le Suédois, domicilié en Suisse depuis 1978, ni son porte-parole ne pouvait être joint pour un commentaire jeudi soir. Sur son site Internet, Ikea a souligné que "ce qui s'est passé il y a 70 ans est quelque chose pour laquelle Ingvar a présenté ses excuses à de nombreuses reprises (...) et cela n'a rien à voir avec les activités d'Ikea". "Ingvar a dédié sa vie d'adulte à Ikea et aux valeurs démocratiques que représente Ikea", est-il ajouté.

vendredi 22 juillet 2011

Rudolf Hess n'as plus de sepulture....



En Bavière, la tombe du bras droit de Hitler était devenue l'objet d'un culte malsain. Ses restes ont été exhumés et brûlés.

Le 17 août, date anniversaire de sa mort, rassemblait plusieurs centaines de personnes, parfois des milliers, autour de sa tombe. Devenue un lieu de culte pour néonazis, la sépulture de Rudolf Hess, l'ancien bras droit d'Adolf Hitler, érigé en martyr par les nostalgiques du IIIe Reich, faisait la honte des habitants de Wunsiedel, un petit village de Haute-Franconie en Bavière. Depuis mercredi, le tombeau controversé n'existe plus. Les restes de Hess ont été exhumés et brûlés. Sa pierre tombale portant l'épitaphe «Ich habe gewagt», «j'ai osé», a été retirée.

L'opération a été organisée dans la plus grande discrétion dans la nuit de mercredi entre 4 et 6 heures du matin avec l'accord de ses descendants, rapporte le quotidien Süddeutsche Zeitung. Sa petite-fille qui avait tenté de s'opposer à l'opération a finalement reconnu que la tombe de Hess était devenue le lieu d'un culte malsain. Elle répandra ses cendres en pleine mer. La paroisse protestante de Wunsiedel, une commune de moins de 10.000 habitants proche de la frontière tchèque, avait décidé de ne pas renouveler la concession familiale où reposait l'ancien responsable nazi pour tenter de prévenir les rassemblements néonazis.
Rassemblements néonazis

Considéré comme un martyr dans les milieux néonazis, l'ancien dauphin de Hitler est l'objet d'un culte des extrémistes de droite, qui se sont longtemps rassemblés devant sa tombe, tous les ans, le 17 août. La municipalité de Wunsiedel était toutefois parvenue à faire interdire ces rassemblements au terme de plusieurs années de bataille judiciaire. En 2004, quelque 5 000 néonazis s'étaient encore réunis dans la petite ville, au grand dam des habitants.

Ancien numéro deux du parti national-socialiste (NSDAP) au début du règne d'Adolf Hitler, Rudolf Hess s'était rendu en Grande-Bretagne en 1941 pour tenter de négocier un accord de paix. Il avait été fait prisonnier par les Britanniques après son saut en parachute et fut détenu en Grande-Bretagne jusqu'à la fin de la guerre.

Il avait été condamné à la réclusion à perpétuité lors du procès des dignitaires nazis à Nuremberg. Il n'y avait pas exprimé le moindre regret et avait rejeté toute culpabilité, se félicitant au contraire d'avoir fidèlement servi l'Allemagne et son Führer. Il s'est pendu dans sa cellule de la prison de Spandau, à Berlin-Ouest, dont il était le seul détenu, avec un câble électrique, au bout de 41 ans d'emprisonnement. Réfutant la thèse du suicide, ses supporteurs soutiennent qu'il a été assassiné par les SAS ou la CIA et l'ont érigé en martyr.

Hess avait indiqué dans son testament vouloir être enterré dans le cimetière protestant de Wunsiedel où ses parents avaient une maison de vacances. La paroisse avait accepté, pour respecter ses dernières volontés. Mais elle avait regretté sa décision face à l'afflux de nostalgiques du IIIIe Reich dans la commune. Le mystère n'a jamais été levé sur la signification de l'inscription «j'ai osé» sur sa tombe. Wunsiedel espère que les hordes de néonazis se rassembleront désormais ailleurs pour tenter de lui trouver un sens.