lundi 25 janvier 2010

Un ancien dirigeant néonazi reconnaît sa responsabilité dans l'affaire du vol d'Auschwitz




Des néonazis suédois seraient les commanditaires du vol de l’inscription «Arbeit macht frei» («le travail rend libre») qui ornait l’entrée de l’ancien camp d’extermination d’Auschwitz-Birkenau. Si cinq Polonais ont été arrêtés le 21 décembre, trois jours après les faits, le cerveau serait toujours en liberté. En Suède, plus précisément.

Les médias suédois et polonais affirment qu’il s’agit du chef d’un groupuscule néonazi. Agé de 33 ans, celui-ci assure n’être qu’un «intermédiaire» au sein d’une opération bien plus large visant à financer, avec le profit de la vente à des collectionneurs de la célèbre pancarte, une série d’attentats contre des députés et le chef du gouvernement suédois.

Hier, le tabloïd polonais Fakt a révélé son nom : Anders Högström. Högström est le fondateur du Front national-socialiste, créé en 1994 et qu’il a dirigé pendant cinq ans avant une reconversion spectaculaire. Recruté par l’association Exit, qui vient en aide aux jeunes militants néonazis, il a pris sa carte au Parti social-démocrate puis a rejoint les rangs du Parti modéré, avant d’être condamné à plusieurs reprises ; dans des affaires de vol, notamment.

Associé. Selon le quotidien Gazeta Wyborcza, c’est en Suède qu’il a rencontré l’un des cinq Polonais inculpés pour le vol de l’inscription. L’homme, «un entrepreneur originaire de Czernikowo, un village du nord de la Pologne», a travaillé en Suède, il y a deux ans, pour le compte d’«une société appartenant à la famille d’Anders H.». Le Suédois, qui aurait commandité le vol, s’est ensuite rendu en Pologne. Boguslawa Marcinkowska, porte-parole du parquet de Cracovie, chargé de l’enquête, parle d’«une visite de repérage sur le site de l’ancien camp nazi effectuée en mars 2009 en compagnie de deux Polonais, qui ont depuis été placés en détention provisoire». Selon Gazeta Wyborcza, le contact d’Anders H., «qui ne voulait pas se salir les mains», a recruté quatre hommes originaires de sa région, tous condamnés pour vols. La voiture qui devait servir au transport de l’enseigne aurait été mise à leur disposition par un associé du Suédois, «un immigré originaire des Balkans qui vit en Suède».

Dans un entretien au tabloïd suédois Expressen paru hier, l’ex-leader néonazi affirme n’avoir été qu’un «intermédiaire». Il dit avoir aidé la police polonaise dans son enquête : «Je les ai contactés immédiatement et je leur ai donné toutes les informations dont je disposais. Je n’ai pas commis de crime. J’ai veillé à ce que l’inscription soit retrouvée.»

Mais, selon les enquêteurs polonais, l’homme a surtout paniqué face à l’émotion suscitée dans le monde par le vol. Le parquet de Cracovie a déposé une demande d’assistance auprès du ministère suédois de la Justice. Boguslawa Marcinkowska précise qu’elle vise à «confirmer l’identité» de deux résidents suédois et à «interroger une troisième personne en qualité de témoin». Côté suédois, on confirme qu’une requête a bien été enregistrée. «Elle est en cours d’examen», assure la procureur Sara Myredal.

Clandestin. La piste suédoise a été évoquée pour la première fois quelques jours seulement après le vol. Le 23 décembre, le tabloïd scandinave Aftonbladet publiait le témoignage de l’ancien leader d’un parti nazi, qui racontait être à l’origine de l’opération. Le même, vraisemblablement, qui s’exprimait hier dans les pages d’Expressen. Selon lui, l’argent de la vente de la pièce en fer forgé aurait permis d’organiser des attentats visant le Parlement suédois, le ministère des Affaires étrangères et le domicile du Premier ministre, Fredrik Reinfeldt. L’homme assure que l’opération a été montée par un groupe clandestin. «Mon rôle était d’établir un contact avec un acheteur.» Une personne qui aurait été prête à payer «plusieurs millions [de couronnes]». Le 24 décembre, le Service de la sûreté suédoise (Säpo) a révélé qu’il était au courant de ces menaces. «Nous en avions connaissance depuis un certain temps et nous avions pris des mesures pour obtenir davantage d’informations», confie le porte-parole de la Säpo, qui refuse de confirmer que la menace émane d’un groupuscule nazi.

«Il y a plusieurs années, la police a démantelé un groupe similaire qui voulait prendre le contrôle de la société», souligne Kenny Hjälte, journaliste au magazine Expo. La seule nouveauté, remarque-t-il, est le mode de financement de ces actions : «Avant, ils dévalisaient des banques ; maintenant, ils volent des objets de collection.»

En Suède, la mouvance nazie compte une quarantaine de groupes - «actifs mais divisés» - qui rassemblent autour de 3 000 personnes. En 1999, trois personnes ayant des liens avec ces organisations ont été condamnées pour le meurtre de deux policiers. Selon Kenny Hjälte, «il existe aussi des cellules qui travaillent dans le plus grand secret à préparer la révolution». L’homme qui témoigne dans Aftonbladet dit appartenir à un groupe qui compterait une dizaine de personnes.

Selon Expo, ces organisations sont responsables de 25 meurtres ces vingt-cinq dernières années. «C’est donc un mouvement violent mais qui n’a jamais menacé la démocratie, car il n’a réussi pour le moment à s’en prendre qu’à des individus isolés : des militants antiracistes, des journalistes, des policiers ou des homosexuels.»

Les propos d'un évêque polonais sur l'Holocauste font scandale


L'évêque polonais Tadeusz Pieronek suscite des remous après la publication de propos par lesquels il affirme que les Juifs se sont "approprié" l'Holocauste comme une "arme de propagande", mais il a démenti avoir parlé à ce sujet d'une "invention juive". Lire la suite l'article


Les déclarations de Mgr Pieronek, qu'ont dénoncées des dirigeants juifs de Pologne et d'autres pays, ont été diffusées sur le site catholique italien www.pontifex.roma.it.

Pieronek, ancien secrétaire de la conférence épiscopale polonaise, est ensuite intervenu à la télévision polonaise pour dire qu'on avait manipulé ses propos. Il a nié en particulier une phrase qui lui faisait dire que "l'Holocauste en tant que tel est une invention juive".

Il a également dit ne pas avoir "autorisé" la publication de l'interview, qui restait consultable sur le site lundi soir.

"Il est indéniable que le plus grand nombre des morts dans les camps de concentration étaient des Juifs, mais il y a aussi sur la liste des tziganes polonais, des Italiens et des catholiques", dit-il dans l'interview.

Mercredi, sera célébré le 65e anniversaire de la libération du camp d'extermination nazi d'Auschwitz. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président polonais Lech Kaczynski et de nombreux ministres européens seront présents aux commémorations qui y sont prévues.

VIVES RÉACTIONS

"Il n'est pas juste de s'approprier cette tragédie à des fins de propagande", dit aussi Pieronek, ajoutant que des journées commémoratives devraient être consacrées aux "victimes du communisme, aux catholiques, aux chrétiens persécutés et ainsi de suite".

"Mais eux, les Juifs, bénéficient d'une bonne presse parce qu'ils sont soutenus par de puissants moyens financiers (...) et l'appui inconditionnel des Etats-Unis, ce qui favorise une certaine arrogance que je trouve insupportable", poursuit l'évêque polonais à la retraite.

Leone Passerman, ex-président de la communauté juive de Rome qui figurait parmi ceux qui ont accueilli le pape Benoît XVI à la synagogue de Rome le 17 janvier, s'est dit "totalement scandalisé par ces commentaires, tout particulièrement s'ils émanent d'un membre de la hiérarchie ecclésiastique".

Piotr Kadlcik, président de la communauté juive de Pologne qui était la plus importante d'Europe avant la Seconde Guerre mondiale, a exprimé l'espoir que cette nouvelle controverse ne porte pas préjudice aux commémorations prochaines de la Shoah.

"Cela a provoqué des commentaires très durs des deux parties et cela montre à quel point le dialogue entre les deux religions est fragile, ce qui est vraiment préoccupant", a-t-il dit.

De son côté, le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) a dénoncé les "propos ignobles" de l'évêque polonais, tout en disant garder confiance quant à la poursuite du dialogue judéo-catholique. Aux Etats-Unis, le Rassemblement des survivants de l'Holocauste et de leurs descendants a jugé les propos de Pieronek "grotesques".

mercredi 20 janvier 2010

Cabaret Terezin: SEULES LEURS CHANSONS ONT SURVECU…


Pour la première fois en France,
les oeuvres écrites pour le cabaret entre 1942 et 1944
par les artiste s du camp-ghetto de Theresienstadt
Ilse Weber, Léo Straus, Frida Rosental, Karel Svenk, Walter Lindenbaum, Kopper…
Musiques additionnelles : Sergueï Dreznin et Gerhard Bronner
Adaptation des chansons : Boris Bergman
Dialogues : Josette Milgram (d’après l’histoire vraie d’Alexander Waechter).
CABARET TEREZIN EST UNE INCROYABLE LEÇON DE VIE.
UN TORRENT D’ÉNERGIE OÙ LA MUSIQUE EMPORTE TOUT:
UN PIED DE NEZ À TOUTES LES BARBARIES,
AVEC L’HUMOUR COMME ARME ULTIME CONTRE L’OUBLI .
Un drame intime à la portée universelle . Un homme, Alexander Waechter, découvre le destin tragique
de son grand -oncle, Raimund, mort à Theresienstadt.��
Il trou ve le courage d ’ouvrir la valise qui attend depuis tant d’années dans le grenier familial… ��
Ses souvenirs jaillissent alors sous la forme d ’un homme, d’u ne fe mme et d’un pianiste, qui l’entraînent
dans l’époustouflante gaieté d ’un cabaret où le s peurs, les désirs et les rêves,
mais aussi les petites faible s s es humaine s, se heurtent à l’oppression
sur un fond (toujours) musical....
L’histoire de Theresienstadt a été souvent évoquée au théâtre, mais c’est la première fois en France que
sont montées sur scène les oeuvres de cabaret écrites et produites par les artistes internés à Terezin,
« ghetto des personnalités et des privilégiés».
Une gigantesque imposture.
Malgré le manque de nourriture et les conditions sanitaires catastrophiques, malgré le typhus et la dysenterie,
malgré la terreur, constamment présente, d’être envoyé vers les camps de la mort, une vie culturelle d’une
incroyable richesse s’est organisée à Terezin. Écrivains, professeurs, acteurs, musiciens donnèrent des
conférences, des concerts et des pièces de théâtre. Une activité artistique intense, seule forme de résistance
possible, seul rempart contre l’innommable.
On connaît la part prise par la musique classique, les quartets et les opéras d’Hans Krasa, Viktor Ulmann,
Gideon Klein, Pavel Haas… Rafael Schaechter, qui travailla sans relâche à ses représentations de la Flûte
enchantée ou de la Fiancée vendue, la plus tragiquement célèbre restant son Requiem de Verdi donné devant
Adolf Eichmann.
Ceux qui restent largement ignorés, ce sont ces grands artistes de cabaret, juifs originaires
principalement de Tchécoslovaquie, d’Autriche et d’Allemagne, qui écrivirent et jouèrent des pièces
satiriques au nez et à la barbe des Nazis. Qui, à l’instar des Ghetto Swingers, utilisèrent les armes ultimes, la
musique et l’humour, pour créer et interpréter leur Cabaret Terezin.
C’est à ces artistes que ce spectacle a décidé de rendre leurs voix.
À Paris, ils sont quatre grands artistes sur scène : au piano, Sergeï Dreznin et les
"performers" comédiens et chanteurs Isabelle Georges ("Une étoile et moi", "Du Shtetl à
New York", "Yiddish Rhapsody"), David Krüger (“Mayflower”) et Olivier Ruidavet
("Grease").
La portée de Cabaret Terezin est universelle et la qualité des adaptations de Boris Bergman, qui a
travaillé à partir des textes originaux en allemand, lui donne une force décuplée.
Sa profonde originalité, au-delà de la qualité artistique plébiscitée par les spectateurs des avant-premières
données en 2008 et 2009, est son incroyable force vitale. Et son impact auprès des jeunes publics est
indéniable.
Le projet pédagogique :
6 000 collégiens et lycéens au Cabaret Terezin
Quinze mille enfants passèrent par Terezin. Malgré les interdictions, ils furent scolarisés.
Ils dessinèrent, écrivirent des poèmes et tentèrent de vivre une vie normale.
Près de 90% d’entre eux périrent dans les camps de la mort.
Une exposition d’une quarantaine de ces dessins
est en projet, en lien avec Léo Pavlat, directeur du Musée juif de Prague.
Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, de la Direction de la mémoire, du
patrimoine et des archives (DMPA) au ministère de la Défense, de France Culture…
le Théâtre Marigny accueillera Cabaret Terezin pour 11 représentations exceptionnelles
du 7 février au 10 mai 2010 : six représentations seront réservées aux Scolaires
(toutes places à 5 € + deux accompagnants invités par classe).
en partenariat avec la Direction de l’Action Culturelle du Rectorat de Paris.
Une journée d’information destinée aux professeurs a été tenue au Mémorial de la Shoah
et un travail est mené en parallèle avec son Service pédagogique.
Théâtre Marigny 75008 Paris
Représentations destinées aux Scolaires 2009-2010
• lundi 8 février à 15h • jeudi 11 février à 15h
• mardi 16 février à 15h • jeudi 18 février à 15h
• lundi 8 mars à 15h
• lundi 10 mai à 15h
Contact : Josette Milgram • • cabaret.terezin@gmail.com