jeudi 13 juin 2013

Les carnets d'un criminel de guerre nazi retrouvé aux Etats-Unis



                                        


Les carnets d'Alfred Rosenberg, criminel de guerre nazi et confident d'Hitler, ont refait surface aux Etats-Unis, couvrant l'essentiel de l'ère hitlèrienne jusqu'à la "Solution finale", méthode programmée de l'extermination des juifs.

Le journal personnel de ce cerveau de l'antisémitisme avait disparu après son jugement au procès de Nuremberg et son exécution en 1946.
Ce trésor pour les historiens a été présenté lors d'une conférence de presse jeudi à Wilmington, dans le Delaware (est), lieu qui fut le point de départ de l'enquête conduisant à sa découverte.
En novembre dernier, les autorités de cet Etat ont reçu une information de la part d'un expert en arts travaillant avec le Musée de l'Holocauste à Washington.
"Le journal de Rosenberg a ensuite pu être localisé et saisi grâce à un mandat du tribunal du district du Delaware", ont déclaré les services américains des douanes et de l'immigration (ICE), dans les locaux desquels était exposé le journal de 400 pages, dont des notes écrites à la main entre 1934 et 1944.
"Posséder des textes qui documentent les actes à la fois des criminels et des victimes est crucial pour aider les chercheurs à comprendre pourquoi et comment l'Holocauste s'est produit", a souligné Sara Bloomfield, directrice du Musée de l'Holocauste, qui renferme parmi l'une des plus grandes collections d'archives sur cette période.
Les carnets de Rosenberg, l'un des hauts dignitaires nazis condamnés pour crime contre l'humanité à Nuremberg, s'étaient volatilisés après ce procès historique.
Selon l'ICE, chargé de l'enquête, ils avaient été récupérés "à l'encontre de la loi" par Robert Kempner, un avocat allemand et juif mandaté, parmi d'autres, pour poursuivre en justice les criminels à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Kempner, qui s'était enfui pour les Etats-Unis pendant la guerre, les a gardés en sa possession jusqu'à sa mort en 1993.
Théoricien de la "race" germanique
Ils ont finalement été retrouvés près de Buffalo, dans le nord-ouest de l'Etat de New York, chez un "ancien universitaire" qui les aurait obtenus grâce à un assistant de Kempner, a expliqué Henry Mayer, du Musée de l'Holocauste.
Le directeur de l'ICE a refusé de dire si des charges seraient retenues contre quiconque impliqué dans l'affaire, l'enquête étant toujours "en cours".
A terme, une fois la propriété décrétée celle du gouvernement américain, le journal -- sur lequel peu de détails ont été divulgués -- doit être remis au musée où il sera à la disposition des historiens.
Il devrait offrir un nouvel aperçu des rencontres et discussions entre son protagoniste et d'autres responsables du régime nazi, notamment Hermann Göring, commandant de l'armée de l'air allemande, et Heinrich Himmler, théoricien de la Solution finale, responsable de l'exécution d'environ six millions de personnes.
Cette découverte montre, selon Sara Bloomfield, "combien de choses restent encore à être collectées". Les carnets d'Alfred Rosenberg pourraient même, selon le Musée de l'Holocauste, "contredire" certaines vérités jusque-là établies.
Rosenberg est né, comme Göring, le 12 janvier 1893, et a été pendu le 16 octobre 1946 (Göring lui s'est suicidé la veille). Le premier, auteur du "Mythe du vingtième siècle" et théoricien de la supériorité de la "race" germanique, aurait introduit le second à ces théories, en l'invitant notamment à un discours d'Hitler au début des années 1920.
Rosenberg dirigeait le département des affaires étrangères du IIIe Reich et supervisait aussi le journal du parti nazi.
Dans ses carnets, d'après l'analyse préliminaire qui en a été faite par le musée, Rosenberg, natif de ce qui est aujourd'hui l'Estonie, évoque aussi l'occupation allemande de l'Union soviétique ainsi que le pillage des oeuvres d'art juives et la destruction des oeuvres considérées comme "dégénérées", dont il était chargé.

mardi 11 juin 2013


       POLOGNE: UN TUNNEL DÉCOUVERT À SOBIBOR

Un tunnel a été découvert dans le camp de concentration Sobibor en Pologne où des fouilles archéologiques sont actuellement en cours,rapporte le quotidien israélien Haaretz. C'est l'archéologue israélien Yoram Haimi, qui travaille pour l'Autorité des antiquités d'Israël et dont deux parents ont été tués à Sobibor, qui a fait la découverte.
Le tunnel –d'une profondeur d'1,6 mètres et d'une largeur d'un mètre– partait d'une caserne située à l'extérieur de la clôture du camp. Il aurait pu être creusé par les prisonniers du Commando spécial en charge de brûler les cadavres des Juifs assassinés. Yoram Haimi explique: 

«Ils ont commencé à creuser depuis le centre de la cabane que nous avons découverte. Ils ont soulevé les planches en bois et creusé, peut-être la nuit. Ensuite ils ont éparpillé la terre qu'ils avaient déterrée.»
The Telegraph signale que les experts pensent que le tunnel a probablement été découvert, conduisant à l'exécution de tous ceux qui avaient potentiellement été impliqués. Selon le journal:
«La longueur du tunnel donne une indication sur l'igéniosité de ces prisonniers qui voulaient à tout prix s'évader de ce camp.»
Le trou aurait ensuite été rebouché par les Allemands d'après le Telegraph. Le journal Haaretz se contente de dire que la présence de sable laisse penser qu'il se serait effondré.
 
Il n'y a pas de preuve d'évasion réussie par ce tunnel, indique le Huffington Post. Cependant une révolte des prisonniers le 14 octobre 1943 avait conduit à l'assissnat d'une douzaine de gardes. Près de trois cents prisonniers avaient passé la cloture mais un tiers d'entre eux furent capturés. Plus de la moitité du reste n'a pas survécu à la guerre, écrit The Telegraph:
«Peu de gens ont survécu à Sobibor. Peu après le soulèvement, Himmler a ordonné que le camp soit rasé et que des arbres soient plantés pour effacer toute trace de l'installation.»
Cette découverte éclaire le sort du camp de Sobibor dont on sait aujourd'hui peu de choses comparé à d'autres camps d'extermination allemands. Environ 250.000 juifs –principalement polonais, néerlandais et slovaques– ont été tués dans ce camp entre 1942 et 1943.

lundi 6 mai 2013

Nazisme: Un ancien gardien d'Auschwitz arrêté en Allemagne


 

Un nonagénaire accusé de complicité de meurtres lorsqu'il était gardien au camp de concentration d’Auschwitz entre 1941 et 1945, a été arrêté dans le sud-ouest de l’Allemagne, a annoncé lundi le parquet de Stuttgart.
«Les forces de la police criminelle du Bade-Würtemberg, sur mandat du Parquet de Stuttgart, ont interpellé à son domicile un ancien employé, âgé de 93 ans, du camp de concentration d’Auschwitz qui faisait partie du service des gardiens, de l'automne 1941 à sa fermeture en 1945, et est soupçonné de complicité de meurtres», écrit le ministère public dans un communiqué.
Un médecin l'a examiné lundi et, en dépit de son âge avancé, l'a jugé capable de supporter un emprisonnement, a précisé à l'AFP une porte-parole du Parquet.
Aucune information n'a été donnée sur son identité, mais, selon les médias allemands, il s'agit d'un homme nommé Hans Lipschis, né en Lituanie, et qui habite à Aalen, dans le sud-ouest de l'Allemagne.
«Il a travaillé au sein du service des gardiens, même s'il n'était pas gardien à part entière», a expliqué la porte-parole du Parquet, ajoutant: «son activité principale n'était pas (celle de) gardien».
«Nous allons chercher à établir ce qu'il a fait concrètement et pendant combien de temps, à Auschwitz, a-t-elle affirmé.
Serge Klarsfeld partagé
La condamnation en Allemagne en mai 2011 de John Demjanjuk, un apatride d'origine ukrainienne, à cinq ans de prison pour participation à des meurtres de Juifs lorsqu'il avait été gardien dans un camp de concentration, a donné le coup d'envoi à des mises en accusation fondées sur des éléments uniquement circonstanciels, sans preuves d'acte criminel. Le tribunal avait conclu qu'il avait bien été gardien, et qu'il était donc complice des meurtres commis pendant qu'il avait été présent dans le camp, bien qu'il n'y ait ni documents ni témoins.
Commentant pour l'AFP cette arrestation, le chasseur de nazis français Serge Klarsfeld, vice-président de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, s'est dit «partagé entre (s)a conception de la justice et la nécessité de poursuivre les criminels de guerre jusqu'à leur dernier souffle». «Il faut des preuves et des documents pour les incriminer et j'estime qu'il n'y aura sans doute plus de témoins pour les accuser», a-t-il commenté.
Il a rappelé que des gardiens d’Auschwitz avaient été acquittés après la guerre. «La justice allemande, a-t-il ajouté, aurait pu juger après la guerre des cadres supérieurs des camps d'extermination, mais elle ne l'a pas fait.»
Dans son rapport 2013, le Centre Simon Wiesenthal, qui traque les derniers anciens nazis encore en vie, plaçait Hans Lipschis en 4e position sur sa liste des criminels les plus recherchés. Le centre affirme qu'il a servi dans un bataillon de SS entre 1941 et 1945, et qu'il «a pris part à des massacres et à la persécution de civils innocents, principalement des Juifs».
Lui affirme y avoir travaillé comme cuisinier
D'après une récente enquête de la chaîne de radio-télévision publique régionale SWR, Hans Lipschis prétend avoir travaillé en tant que cuisinier, et non en tant que gardien, dans ce camp mis en place par les nazis en Pologne occupée.
Selon le journal Die Welt, il avait été naturalisé par le régime nazi, puis s'était installé aux Etats-Unis en 1956 et avait vécu à Chicago jusqu'à son expulsion vers l'Allemagne en 1983.
L'Office de Ludwigsburg qui gère les dossiers du nazisme, avait indiqué début avril vouloir entamer une procédure contre 50 anciens gardiens d’Auschwitz, vivant dans toute l'Allemagne et âgés d'environ 90 ans.
De 1940 à 1945, environ 1,1 million d'hommes, de femmes et d'enfants, en majorité des Juifs de divers pays d'Europe occupés par les Allemands, périrent à Auschwitz-Birkenau, le plus grand camp nazi de concentration et d'extermination.
Près de 85.000 Polonais non juifs, 20.000 Tziganes, 15.000 Soviétiques et 12.000 autres personnes y ont également trouvé la mort.